I’m waaaaalking in the rain…

I’m walking in the rain… Tanana nana na na naaaaaa na na…. Bref : 2 jours que je marche sous la pluie… Et que je n’ai pas du tout envie de chanter…

 

J’avais déjà eu une journée de pluie non-stop, du côté de Decazeville. Là, c’est la version orage. Hier, départ à 8h15 sous l’orage…27 km sous la pluie, presque ininterrompue. Aujourd’hui, 20 km sous les averses orageuses, les pieds dans la boue… Dur dur.

 

A quoi pense-t-on quand on marche sous la pluie???

Les autres, je ne sais pas. Moi, je pense d’abord à l’inventeur du poncho modèle « pélerine » de Quechua, et me demande pourquoi il n’a pas pensé à faire descendre le poncho jusqu’aux chevilles, plutôt que de l’arrêter aux genoux…. En moins d’1 km, on sent déjà le pantalon trempé qui colle aux mollets, puis l’eau qui remonte le long du pantalon par capilarité, à en avoir presque la petite culotte mouillée sous le poncho après 1 heure de marche!!! C’est quand même pas malin!!!

 

Le look "dromadaire" de l'été, dans le Gers.

Le look « dromadaire » de l’été, dans le Gers pluvieux… Les tongs python, c’est pour plus tard!

 

Au bout de quelques kilomètres de plus, je pense à l’inventeur des chaussures waterproof-pas-waterproof sous une pluie verticale continue (mais comment ont-ils testé leurs godasses???). Et je finis par repenser à ce que j’avais lu dans le « Miam miam dodo – Mode d’emploi de Compostelle » : la bonne nouvelle, c’est que l’eau se réchauffe au contact du pied. Je confirme… ?

Au bout de plusieurs heures sous la pluie, la première fois, j’ai même vu mes chaussures mousser?!?! La mousse sortait des trous d’aération. Mais qu’est-ce qu’ils-y-mettent, dans les chaussures?!?!

 

Ce que je préfère, les jours de pluie, c’est d’abord quand on commence à voir le ciel ce dégager à l’horizon : on a l’impression qu’un second matin se lève dans la journée. C’est une deuxième aube. Et juste après, on voit les collines et la nature qui respirent et soupirent, quand des gros nuages de vapeur se décrochent de la végétation pour rejoindre le ciel. C’est magnifique, comme le retour de la lumière dans un soupir de soulagement.

La campagne autour de Decazeville après la pluie.

La campagne autour de Decazeville après la pluie.

 

 

Ironie du sort : hier, après le départ, au Pont d’Artigues, j’ai été rejoint par un chien perdu sur le Chemin. J’ai d’abord essayé de faire en sorte qu’il ne me suive pas trop longtemps, pensant qu’il valait mieux qu’il ne s’éloigne pas trop loin de chez lui… Et puis sous la pluie, avec tout l’attirail… J’ai laissé tomber. Le chien m’a suivi.

Quand la pluie a diminué, j’ai essayé d’appeler les numéros de téléphone gravés sur son collier. J’ai retrouvé sa maîtresse, et j’ai appris que le chien était une chienne prénommée « Happy »!!!… Un jour de pluie : quelle ironie! Happy m’a accompagnée pendant 10 km, jusqu’au prochain village, Montréal du Gers, où sa maîtresse est venue la rechercher. Et moi, j’ai pris un café et une longue pause avant de repartir… Sous la pluie…

"Le chemin est beau parce que j'y suis".

Le chemin est beau parce que j’y suis.