La journée du pèlerin.

J’arrive bientôt à la frontière espagnole, vient donc l’heure du bilan côté chemin français. Et ça faisait un bout de temps que je voulais illustrer la « journée type » du pèlerin sur cette partie… En tout cas, ma « journée type » à moi… Ça donne ça :

Le matin, 6h : réveil. Tu es d’accord ou pas, tant pis : il y en a toujours un dans le dortoir ou la chambre qui a mis son réveil avant le tien!

6h

6h

Certains jours, je n’ai pas encore posé un pied à terre qu’il y a un « warrior » déjà parti, sans être passé par la case petit-dej, et un athlète déjà prêt qui fait des pompes dans le couloir ou devant l’entrée des toilettes… Moi, j’ai la tête encore toute ensommeillée et je reprends mes esprits, doucement…

7h45 : je suis toute prête, c’est le départ. En général, plusieurs sont partis avant moi… Comme m’a dit un certain Philippe ce matin : « il faut partir plus tôt : une heure de marche le matin, c’est deux heures l’après-midi »… Je n’ai pas répondu, mais j’ai pensé qu’il ne savait pas compter… 1h, ça reste 1h…

Dans la journée.

Dans la journée.

En général, je fais entre 20 et 30 km dans la journée. Ça me fait arriver entre 15h et 17h à l’étape, et quel que soit la longueur de l’étape, j’ai toujours cette tronche là en arrivant… Les derniers kilomètres sont invariablement très très (trop) longs…

Les 4 derniers kilomètres...

Les 4 derniers kilomètres…

 

Et après? Ben c’est pas fini! La vie de pèlerin ne s’arrête pas sur un transat à 16h chaque jour, non, non, non! Après, c’est l’heure des ateliers.

Les ateliers du pèlerin.

Les ateliers du pèlerin.

 

Selon la « disponibilité » des ateliers et équipements nécessaires, c’est atelier douche (mon préféré! C’est fou ce qu’une douche peut requinquer!!!), lessive des vêtements du jour puant et plein de sueur (obligatoire, pour son bien et celui des autres…), préparation de l’étape du lendemain (en Espagne, ça ira plus vite) et atelier « bibine et miam miam » pour le dîner!

Et après le dîner? Au lit, presque directement après. Avec la digestion, c’est coup de barre assuré. En général, à 21h30 ou 22h tout le monde est au lit.

 

Fait marquant de la journée : ce matin, 6 km après être partie, je rencontre un autre pèlerin sur le bord du chemin qui fume une cigarette. Je m’arrête et discute. Dans l’échange, il me demande mon étape du jour :

-« Sauvelade, et je suis partie d’Uzan ce matin.

-ah oui!?!? (L’air horrifié…) dis donc, c’est long. Faut avoir d’la cuisse! »

Je me suis mise à rire et j’ai pris cela pour un compliment (j’ai bon???) et j’ai dit merci, poliment… Celle-là, on ne me l’avait encore jamais faite!

NB : Uzan – Sauvelade, c’était 32 km, avec des montées et des descentes. Donc, oui, « faut avoir d’la cuisse!!! ». ?